Les instants infidèles

 

Marie Laure Flaive

 

Elle mit le coquillage tout près de son oreille et reconnut la musique de l’hiver qui lui ferait tout oublier. Le cheval fou qui galopait dans sa tête finirait sa course sous le déluge du silence quand le voyage prendra fin. La bête s’enfoncera dans les eaux noires emportant avec elle tous les abandons et toutes les trahisons.

Le regard bienveillant du père autrefois posé sur elle avait comblé totalement son besoin d’attention et de protection. Ces petites scènes de famille qu’elle avait enviées aux autres, s’inscriraient aussi dans le livre de son enfance comme un chef-d’oeuvre. Les dernières fleurs de l’automne, même privées de sève, embaumeraient encore les pages de cette mémoire-là

Telle une funambule aguerrie, elle s’était élancée sur le fil ténu qui la séparait de l’inconnu. Elle s’était dit que son absence au pays des fées et des contes d’imposture ne laisserait aucune trace de son passage. L’adieu se graverait désormais dans l’écriture ou bien dans l’illusion.

A présent elle savait seulement qu’elle n’oublierait jamais la lune et les étoiles.

BaBeL (11/08/2017)

 

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4 commentaires sur “Les instants infidèles

  1. Leodamgan dit :

    Ton texte laisse une impression féérique!

  2. bleuemarie dit :

    Fascinante funambule qui porte notre aspiration d’inconnu.
    Fluidité merveilleuse de tes mots

    • Babel dit :

      Merci d’apprécier Marie ! Le funambule n’hésite jamais longtemps entre son désir de rester et celui de trouver son inconnu..

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