
Peinture Ewa Hauton
Dans tout ce qu’elle avait cru savoir,
elle avait ignoré qu’il y a toujours une chose
qui nous échappe, qui change d’état sans
que l’on s’en aperçoive, un fourmillement,
une buée sur la vitre qui déforme la vision.
Pourtant tout était là, le cendrier sur la table
basse, le fauteuil à bascule qui reste immobile,
la corbeille de fruits rêvant d’autres couleurs,
et les mots au bord de ses lèvres qui tombent
comme des feuilles et qu’on n’entend pas.
Elle était là elle aussi, comme le jour et la nuit
confondus dans ce même crépuscule, mais
dans ce souffle du vent qui fait frémir les arbres,
dans ce silence ponctué par le bruit des vagues,
sans même le savoir elle était entrée dans l’infime
BaBeL (17/08/2017)